La 18è édition de la Foire internationale du Livre et du Matériel didactique de Dakar (FILDAK 2026) a été officiellement lancée au Musée des Civilisations Noires.
Présidant la cérémonie ce 5 octobre, Madame Mame Coumba DIOP, Ministre en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique estime que le retour de ce rendez-vous majeur de l’agenda culturel national et international, après quelques années d’absence, est une volonté politique des plus hautes autorités du pays.
« Le retour de la Fildak est un signal fort pour la culture et l’éducation. il traduit une volonté politique claire où il s’agit de redynamiser les industries culturelles et créatives, soutenir la chaîne du livre et rendre la lecture accessible à tous », a déclaré la Ministre qui promet une édition 2026 « plus vivante que jamais, sous le signe de la relance et de la transmission »
Après avoir fait observer une minute de silence en la mémoire d’un « homme de lettres d’exception », Cheikh Hamidou Kane, décédé le 4 octobre 2026, elle a ainsi remercié le Président de la République et le Premier ministre pour leur engagement constant en faveur du livre et de la lecture.
« Leur soutien indéfectible au sous-secteur du livre s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui fait de la culture et du savoir des leviers essentiels de notre souveraineté été de notre développement », a souligné Madame Mame Coumba Diop.
Selon elle, trois enjeux majeurs portent cette édition, il s’agit d’abord du rayonnement qui consiste à faire de la Fildak un modèle d’inspiration pour le continent africain. Ensuite, le 2e est l’économie et le professionnalisme, à travers la création d’un carrefour d’échanges entre les auteurs, les éditeurs, les libraires et les pédagogues. Enfin, le 3e enjeu majeur est la transmission : susciter l’amour de la lecture chez les jeunes.
La Fildak 2026 se distingue par plusieurs innovations dont la valorisation des littératures africaines contemporaines, des hommages appuyés à de grandes figures de la pensée, et un prix dédié au jeune écrivain sénégalais.
Pour la Ministre, cette 18e édition met également l’accent sur le matériel didactique et le numérique. L’outil pédagogique global est valorisé, du manuel scolaire aux équipements de laboratoire, en passant par le matériel inclusif pour les élèves à besoins spécifiques.
« Le numérique éducatif n’est pas l’ennemi du livre, mais son prolongement : tablettes, applications en langues locales, bibliothèques virtuelles, intelligence artificielle. Il abolit les distances, réduits les coûts d’impression et de transport, et offre aux enfants des zones reculées un accès égal au savoir », a-t-elle indiqué.
Prévue du 15 au 19 octobre 2026 à l’esplanade du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose, sous le thème: « Bibliothèque, transmission, souveraineté », la Fildak 2026, selon la Ministre, met en l’honneur la République arabe d’Égypte, pour « célébrer les ponts culturels et historiques entre nos nations ».
« Au-delà du tapis rouge déroulé à la délégation égyptienne, cette édition fait la part belle aux innovations pédagogiques, aux échanges d’envergure et à la place centrale de la lecture dans les apprentissages », a-t-elle ajouté.
Le retour de la Fildak s’inscrit donc dans la volonté du Gouvernement, en particulier du Ministère en charge de la Culture, de redynamiser le talent créatif des éditeurs et auteurs et de favoriser l’échange d’expériences entre professionnels et divers publics.
« Depuis 2024, il y a un certain nombre de centres d’intérêts qui participent des préoccupations des hautes autorités du pays, il est tout à fait normal qu’un ministère comme le nôtre, un bras séculier comme la Direction du livre et de la promotion de la lecture se préoccupent de donner un sens et un contenu à cette volonté politique », a fait remarquer le Directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô.
Pour rappel, en Conseil des ministres du 15 octobre 2025, le Chef de l’État rappelait l’opportunité de la tenue du premier Forum national du Livre et de la Lecture (16-17 octobre 2025), « dans l’esprit de promouvoir le développement du livre et de la lecture, mais également d’accentuer la création littéraire sénégalaise ».
En même temps, le Chef de l’État, en sa qualité de Premier protecteur des Arts et des Lettres, exprimait son attachement à la réhabilitation des bibliothèques et centres de lecture sur l’étendue du territoire national.
En ce sens, le Professeur ibrahima Wane, membre du Conseil scientifique de la Fildak, estime que la bibliothèque fait partie du dispositif central dans la préservation de la mémoire et de la valorisation du patrimoine linguistique et culturel.
« Non seulement il y a une bibliothèque africaine avec tout ce que ça se pose en termes de patrimoine oral et autres mais il y a une bibliothèque à réinventer et une bibliothèque à transmettre », a-t-il soutenu, précisant que cette transmission en termes de bibliothèque n’est pas seulement des supports, mais des acquis historiques qui doivent passer de génération en génération pour construire notre souveraineté culturelle, intellectuelle scientifique, politique et économique. Pendant cinq jours, auteurs, éditeurs, et autres professionnels du livre et passionnés de lecture se retrouveront à partir du 15 octobre au Grand Théâtre National de Dakar pour promouvoir l’industrie du livre et de l’édition, véritable niche de création d’emplois et de richesse, à travers des expositions, des rencontres et d’échanges.
